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Premier embarquement

Le premier embarquement est un moment important dans la vie d'un marin. Selon l'époque, le genre de navigation, le type de navire, il peut être plus ou moins dur.

Exemple: La vie du mousse était bien différente sur un canot non ponté en 1932, armé à la petite pêche dans le Golfe du Morbihan que celle du mousse de sonnerie en 1959 sur un transatlantique.

Cette page est destinée à ceux qui se souviennent de leur premier embarquement (ou des autres), de mousse à commandant

Mousse - Novice

François Jouison

Novice au long cours

Daniel JEGOU

Mousse de sonnerie

Pilotin - Elève

Jacques SCHIRMANN

Trois du BACCARAT

Alain LE ROUX

Mon premier embarquement

Un pilotin prénommé Jacques

Embarquement à l'U.I.M

Commandant

Capitaine au Long Cours Alain LE ROUX

Le premier commandement

Souvenirs de voyages

François MALGORN

Carnet d'un marin

Mousse de sonnerie - Bell boy

Daniel JEGOU

1958

Dans les années 50, le choix d'une profession ne se posait pas. Les enfants, en règle générale, embrassaient la même profession que leur père ou d'un parent.

Pour moi, dès mon plus jeune âge, lorsque je dessinais un bateau il avait une cheminée rouge et noire au couleur de la Transat et cela pour la simple raison que mes deux oncles Jean et Francis JEGOU (les frères de mon père) naviguaient au service hôtelier de cette compagnie. Je voulais faire le même métier qu'eux. Les grands voyages, sur de grands paquebots, au service des passagers m'attiraient bien plus que le métier de cuisinier sur le bateau pilote, profession qu'exerçait mon père. Ce n'était pas un métier désintéressant mais pour avoir été plusieurs fois en mer avec lui je me savais sujet au mal de mer sur ce genre de navire.

Pour embarquer sur les paquebots au service hôtelier il n'était pas nécessaire d'avoir fait de grandes études. Dès la fin de ma scolarité, à quatorze ans et du fait que l'école d'apprentissage maritime du Havre ne formait plus de mousse pour le service général, j'ai été employé pendant une année en tant que mousse coursier au service sédentaire de la compagnie. C'était le passage obligé avant d'embarquer comme mousse de sonnerie.

Même année avec mon Solex

Les mousses coursier des services armement/appovisionnement années 1958-1959

 

La Transat était la plus grande compagnie de navigation française, sa flotte comprenait dans les années cinquante, 98 navires qui allaient du caboteur au plus gros des paquebots et ses services au port du Havre étaient très importants. Les paquebots qui avaient leur port d'attache au Havre étaient au nombre de cinq. Trois pour la ligne de New York : Liberté, Ile de France, Flandre. Deux pour la ligne des Antilles : Antilles, Colombie.

La direction était au 89, boulevard de Strasbourg dans le centre ville, les services de l'armement et des approvisionnements avenue Lucien Corbeaux

Le FRANCE dans la forme de radoub n°7- à gauche le service technique - à droite les approvisionnements - l'armement et la gare maritime

Juillet 1959

Mes vacances seront reportées. Comme tous les ans, je pensais passer mes vacances à Plougasnou chez ma grand'mère maternelle. Mais fin juin est arrivé, avec l'annonce de mon prochain embarquement. Il était prévu le 10 juillet sur le " Liberté ", le flag ship de la compagnie, c'est à dire le paquebot le plus important. Les vacances ce sera pour une autre fois !

Paquebot Liberté

La semaine précédant l'embarquement a été bien chargée. J'ai fait avec maman la tournée des magasins pour m'équiper: achat de chaussure noires, linge de corps nécessaire pour quinze jours de voyage, trousse de toilette etc. Il a fallu accomplir les formalités pour ce premier embarquement. Faire des photos d'identité pour le fascicule et le visa US,. la visite médicale auprès du Médecin de l'inscription maritime et le passage chez Poplin.

Le jeune mousse qui embarque doit avoir l'aptitude physique nécessaire à l'exercice du métier de marin. Il reçoit de l'Inscription maritime un fascicule (livret professionnel) qui le suivra pendant toute sa carrière, il est considéré comme inscrit provisoire et ce n'est qu'après 18 mois de navigation qu'il devient inscrit définitif, ce qui entraîne obligatoirement sa levée dans l'armée de mer.

Mon premier numéro d'inscription m'est toujours resté en mémoire " LH 31560 ". ADSG. Agent du Service Général. Le personnel hôtel/restauration de la Marine machande.

Le bâtiment de l'inscription maritime était situé, en 1959, 210 Bd de Strasbourg , près de la gare SNCF dans ce qui restait de la caserne Kléber. Le service médical se tenait au dernier étage du bâtiment, c'est là que je passerai mes visites annuelles tant que je serai inscrit au Havre, bien souvent c'était en hiver et j'ai gardé le souvenir d'une salle d'attente surchauffée, enfumée dont il fallait parfois ouvrir la fenêtre pour avoir de l'air frais. Les visites se faisaient sans rendez-vous préalable, il fallait se présenter à 8 h 00 et l'on ne ressortait que vers 11 h 00. L'infirmier se chargeait de l'analyses d'urine, de la pesée et de vérifier l'assiduité visuelle. Après quoi nous passions à la queue leu leu, torse nu dans le noir, à la radiographie pulmonaire et ce n'est qu'ensuite que le médecin des gens de mer procédait à l'auscultation, à l'examen de la dentition pour finir par opposer le cachet et sa signature avec la décision : apte à la navigation toutes catégories et spécialités.

En dehors de la visite annuelle de la marine, la compagnie procédait aussi à une visite d'embarquement au service médical situé au rez-de-chaussée de l'armement. Au vu des visas des médecins, le service armement nous délivrait le bon d'embarquement à remettre au bureau de l'inscription maritime qui était situé au premier étage. Il ne restait plus qu'à prendre les mesures chez Poplin pour l'uniforme. Poplin situé sur le cours de la République près du Rond-Point était le magasin qui fournissait des uniformes aux compagnies de navigation. On nous prenait les mesures et la livraison était faite au service habillement que tenait Madame Langé. Madame Langé était une forte femme très gentille, elle suivait indirectement la carrière de tous ceux qu'elle habillait. Ainsi les mousses de sonnerie qu'elle avait équipés revenaient quelques années plus tard pour la veste blanche de garçon de salle à manger, le smoking galonné de chef de rang et pour certains la tenue croisée de garçon de deck ou celle maître d'hôtel.

Le costume de groom est composé d'un spencer rouge à trois rangées de boutons, épaulettes et galons noirs, un pantalon noir à bandes rouges et comme coiffure un polo rouge. Robert Velter qui créa le personnage de Spirou en 1938, s'est inspiré de cet uniforme pour son personnage de bande dessinée. Il avait navigué, avant la seconde guerre mondiale, comme garçon sur les paquebots de la Transat, France, Ile de France.

Toutes les formalités accomplies, nous pouvions monter à bord munis du bon d'embarquement à remettre au bureau des écrivains. Mon embarquement sur le Liberté m'a été facilité par mon oncle Francis qui était garçon à la salle à manger 1ère classe. Il m'a aidé à faire les premiers pas à bord.

Après avoir été présenté au chef de réception, Monsieur RIGOUDY, une visite au bureau du chef postal est nécessaire pour le logement. Mon oncle m'avait fait placer dans un poste avec un autre mousse et des adultes pour être plus tranquille. Les mousses étaient en général regroupés dans le même poste, mais huit mousses ensemble ça chahutent. Le poste était situé au pont C tribord milieu près de la portelone du pilote.

Ma première affectation sur le Liberté était dans un secteur de cabine au pont principal bâbord avant. J'avais pour cabiniers: Messieurs FREVAL, QUENEC et LE FLOCH. Le travail du mousse de sonnerie consistait à prévenir les garçons de cabine ou la femme de chambre du secteur lorsque les passagers appelaient. La sonnerie retentissait dans l'office, le tableau de contrôle indiquait le secteur et il fallait regarder, au-dessus de la porte de la cabine, la couleur du voyant lumineux : Vert pour le cabinier, orange pour la femme de chambre.

 

J'aidais également pour le service des petits déjeuners en cabine. Les plateaux arrivaient à l'office centrale en provenance de la cuisine. Tous les mousses n'étaient pas de service dans un secteur de cabines. Le bureau de renseignement était le poste de travail du chef mousse, appelé " mousse major " Les commissaires principaux et administratif avaient également un mousse à leur service.

Le premier départ

Le jour de l'appareillage, les mousses de sonnerie participent à l'embarquement des passagers. La grande majorité arrive de Paris par deux trains spéciaux (les trains Transatlantiques). Après un bref passage par la gare maritime de la compagnie pour les formalités, ils embarquent par deux passerelles, une pour la première classe, une autre pour les classes cabine et touriste. Ces passerelles donnent accès au paquebot soit au niveau du pont promenade soit du pont B, selon la marée.

Les passagers sont accueillis par le chef de réception qui vérifie le billet de passage et indique aux mousses alignés en rang d'oignons le numéro de la cabine. Nous les accompagnons en prenant soins de leurs bagages à mains. Ce premier service est récompensé par une gratification, à cette époque, les passagers en majorité américains, ne sont pas avares de leur dollars.

Je n'aurais pas la chance de faire l'embarquement, ma connaissance du navire n'étant pas suffisante pour me diriger. J'ai donc été désigné comme planton à la porte du fumoir où se tenait la conférence de départ. La conférence de départ était une réunion du commandant et de ses principaux chefs de service avec le directeur de l'agence, le capitaine d'armement , les directeurs du service des approvisionnements et du service technique. Cette réunion consistait à faire le point sur l'escale qui venait de se dérouler et le voyage à venir .

A 14 h 00, j'ai assisté au départ depuis le pont principal avant et c'est avec un petit pincement au cœur que j'ai entendu les derniers coups de sirène et vu le quai s'éloigné. J'étais parti pour une carrière de trente-sept ans et demi dans la marine marchande.

Une heure après le départ, le pilote a quitté le bord et depuis la portelone j'ai pu voir mon père qui était venu me dire au revoir à bord de la pilotine. En soirée nous avons fait escale à Southampton pour embarquer les derniers passagers pour New York.

Une journée de travail

Le garçon postal qui assure l'entretien des locaux équipage passe vers les 6 h 00 faire le réveil. Après avoir pris un rapide petit déjeuner au réfectoire situé sur l'avant du paquebot c'est au tour de la gymnastique vers 6 h 30. Selon le temps, c'est sur le pont extérieur entre les deux cheminées mais bien plus souvent sur le pont promenade que nous faisions nos exercices sous la conduite du mécanothérapiste (en charge de la salle de sport).

A 7 h 00, c'est le nettoyage dans notre secteur de cabines. Pour ma part, je dois entretenir deux offices, un poste à eau, une descente de service et faire briller les cuivres de la coursive (seuils de portes coupe-feu et grilles de ventilation.

A 8 h 00 après avoir fait notre toilette et revêtu l'uniforme, nous nous rendons sur le pont promenade couvert, pour l'inspection. Là, au garde à vous sur deux rangs, nous subissons le contrôle de notre tenue par Monsieur Rigoudy et ses deux adjoints les sous-chef Plé et Vidal. Rien n'échappe à leur regard.

Nous présentions nos mains recto/verso, ils vérifiaient le brillant de nos chaussures noires, l'alignement des nombreux boutons de nos spencers et notre coupe de cheveux qui doit être nette.. Pour cette première inspection, il me fut remarqué que mes chaussures n'avait pas l'éclat souhaité. Mais grâce aux conseils de mes petits camarades cela ne se reproduira pas. Il fallait tout simplement cirer le dessus de la chaussures avec le cirage et un chiffon humide. Cela donnait un aspect verni.

L'inspection terminée, direction la portelone du pont B dans le hall d'embarquement, là nous devons insérer au journal "l'Atlantique " qui est imprimé à terre, les pages d'informations et le programme de la journée imprimés par le bord. Nous en ferons ensuite la distribution dans les cabines de notre secteur. Pour les petits déjeuners, les passagers ont le choix, soit d'aller en salle à manger soit de le prendre dans leur cabine. Ceux qui choisissent cette dernière solution passe leur commande la veille au garçon de cabine ou à la femme de chambre (pour les dames seules) en indiquant l'heure à laquelle ils veulent être servis. Le petit déjeuner en cabine est identique à celui de la salle à manger. Le service en cabine est important, c'est ce que l'on appelle dans les grands hôtels " le room service ". Le bon de commande est envoyé par pneumatique ou téléphone de l'offices d'étage vers le bureau du service des étages situé en cuisine. Les plateaux sont dressés par des commis d'étage aidés par des garçons de salle à manger. En général, ils se composent de : Jus de fruits, Viennoiseries (croissants, brioches) toasts, céréales, œufs plats bacon ou saucisses mais ils peuvent aussi être plus consistant.

Les plateaux sont acheminés par ascenseurs vers l'office central d'étage où ils sont réceptionnés par le garçon de cabine ou la femme de chambre qui les portent en cabine. Le mousse de sonnerie les aides dans leur travail, il leur signale le départ des passagers ce qui leur permet de faire l'entretien de la cabine pendant leur absence. Il assure également le débarrassage des plateaux vers l'office principale située au pont D.

En fin de matinée, le service des petits déjeuners terminé, l'office d'étage du secteur doit de nouveau être propre.

Les passagers peuvent s'ils le souhaitent faire cirer leurs chaussures, pour cela, ils les déposent la veille au soir à la porte de leur cabine. De bonne heure le matin, le garçon de bain fait le tour de son secteur pour le ramassage, en prenant soin d'inscrire, à la craie sur la semelle le numéro de cabine. Sur les paquebots, même en première classe, toutes les cabines ne sont pas équipées de baignoire. Le garçon de bain est en charge d'une salle de bain pour deux ou trois secteurs de cabine. Il prépare les bains, les serviettes, les peignoirs. Il remet en état de propreté pour le passager suivant. Sur le Liberté, il existait un circuit de canalisation d'eau de mer chaude et froide pour les baignoires et cela depuis l'origine du navire.

L'après-midi, après un moment de repos nous avions cours d'anglais dans la salle à manger des enfants de première classe. Elle était située sur babord à l'avant de la grande salle à manger. Les cours nous étaient dispensés par l'élève commissaire. Nous apprenions avec la méthode Assimil et aussi avec un manuel de la compagnie à l'usage du personnel hôtelier " How to get along with your passengers " écrit par le commissaire DE NIEUVENHOVE " Peu avant 16h00, la sortie du cours était précipitée, à 16h00 pile avait lieu l'exercice de fermeture des portes étanches. Il nous fallait faire vite car nous avions plusieurs portes à franchir avant d'atteindre la pâtisserie où un plateau nous attendait. Il n'y en avait pas pour tous. Tant pis pour les derniers.

Dans l'après midi, nous faisions quelques courses pour les passagers. Vêtement à porter au pressing ou linge pour la blanchisserie. En fin de journée, nous devions vider les poubelles des offices d'étage. Elles étaient déversées à la mer du pont de manœuvre à l'extrême arrière du paquebot. L'époque n'était pas à l'écologie, la mer en digérait une grande partie.

Différentes soirées étaient organisées durant la traversée pour les passagers : soirée de bienvenue, soirée de Bingo, courses de chevaux et soirée de gala. Les mousses de sonnerie participaient à ces divertissements en assistant le chef de réception. Pour ma part, étant nouveau, je gonflais les ballons et remplissais les sacs de boules en papier distribués aux passagers lors des soirées de bienvenue et de gala. L'opération se faisait dans le salon de musique contigu au grand salon.

Je pensais, en embarquant sur un grand paquebot, ne pas être sujet au mal de mer mais dès le lendemain du départ, je me suis rendu compte que ce n'était pas le cas. Un paquebot, s'il ne remue pas autant qu'un bateau pilote, tangue et roule. Je me souviens encore du va et viens de l'aspirateur laissé par le garçon de cabine dans une coursive transversale.

Le deuxième jour de la traversée, je suis resté allongé sur ma bannette. Mon oncle Francis m'apportait des fruits, c'est tout ce que je pouvais avaler. Mes collègues m'ont conseillé de me rendre à l'hôpital pour avoir de la Nautamine, je ne pouvais pas rester sans travailler.

Armé de courage, j'ai entrepris de monter jusqu'à l'hôpital situé au pont B (un pont au-dessus de mon poste) mais à l'avant du navire. L'infirmier, à la vue de ma pâleur, a compris la raison de ma visite et m'a tout de suite indiqué les toilettes au fond de la coursive, quelques cachets de nautamine et le retour du beau temps mon remis sur pieds.

J'ai souvent eu le mal de mer, même sur le France mais cela ne m'a plus empêché d'assurer mon service.

Un jeune mousse sur un paquebot se doit d'acquérir un certain comportement. Mon oncle Francis m'avait bien dit qu'il ne fallait pas siffler, être poli en disant bonjour Monsieur, bonjour Madame. Un garçon a qui je disais bonjour Monsieur m'a répondu un jour " il n'y a pas de Monsieur dans la marine, il n'y a que des c..."

Un après-midi, j'ai eu à traverser la bibliothèque. A peine avais-je franchi la porte que le bibliothécaire m'a appelé pour me dire " mousse, quand tu entres dans un lieu public, tu retires ton polo (la coiffure du mousse de sonnerie) par politesse". J'ai bien retenu sa remarque et j'ai toujours agi ainsi. C'est un usage qui s'est perdu, les gens gardent maintenant leur casquette vissée sur leur tête. La politesse se perd.

Après six jours de traversée, Liberté fait son entrée à New York. Je me souviendrais toujours de ce 10 juillet 1959. Le hublot du poste était ouvert et j'ai été réveillé par la cloche des bouées du chenal qui sonnait au grès de la houle, Il y avait également une odeur particulière qui montait de l'Hudson. J'ai été impressionné par les gratte-ciel de la pointe de Manhattan. La remontée vers le pier 88 est longue, le paquebot avance lentement assisté par les remorqueurs pour l'accostage. Les formalités de débarquement se font pendant tout ce temps, les autorités montent à bord depuis un remorqueur. L'ensemble de l'équipage doit également se soumettre au contrôle de l'immigration. Personne ne quitte le bord avant la libre pratique. Après le débarquement des passagers, le travail n'est pas fini pour autant, il faut remettre en état le navire pour la traversée de retour. Les garçons de cabine ont 24 heures pour préparer leur secteur qui comprend une douzaine de cabines. Parfois ils sont aidés par le mousse du secteur qui passe l'aspirateur mais ceux-ci doivent également débarrasser les plateaux du petit déjeuner et nettoyer leur office, vider les poubelles sur le pier.

Dans l'après-midi, des visites du navire sont souvent organisées pour des groupes qui sont guidés par les mousses.

Je n'ai pas un grand souvenir de cette première escale, j'ai dû accompagner mon oncle pour quelques courses à terre et peut être assister à la séance de cinéma pour l'équipage. Je me rattraperai par la suite lors de mes embarquements sur Flandre et France. Le retour s'est déroulé normalement mais un matin, je me suis rendormi et j'ai raté une séance de gymnastique ce qui m'a valu une réprimande et à l'arrivée au Havre toutes les poubelles des offices d'étage à vider dans le bac à ordures sur le quai, avant de pouvoir quitter le bord.

Je ferai un deuxième voyage sur Liberté, malheureusement à cause d'une gastro-entérite durant l'escale du Havre, j'aurai un arrêt maladie de quinze jours et réembarquerai sur Antilles le 3 septembre 1959, ensuite sur le Flandre en juin 1960. Sur ces deux paquebots j'assumerai la fonction de chef mousse.

Antilles - 1959/60
Flandre - 1960/61
1961 - Soirée de gala sur Flandre

- 1 Cet apprentissage a été supprimé par le décret du 10 avril 1957 du Ministre chargé de la marine marchande, elle ne reprendra qu'en 1959.

- Les fonctions de mousse de sonnerie et de mousse de deck ont disparu dans la Marine marchande française avec l'arrêt d'exploitation du paquebot France en 1974.

Crédit photos: Salon de musique du Liberté et distribution du journal "L'Atlantique - collection French Lines

Voir aussi la vidéo de Michel LECANU (sur la photo Flandre -1960/61): Mes années marine

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