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La guerre 14/18 d'un marin pêcheur breton

 

Laurent JEGOU, mon grand père , était marin pêcheur à Plougasnou. Inscrit maritime à Morlaix. Il avait commencé la carrière maritime comme mousse avec son père Jérôme, le 10 juin 1896, à l'âge de 14 ans sur le sloop "Ami".

Comme tous les marins de la marine marchande et de la pêche, inscrit maritime, il était assujetti au service militaire dans la Marine nationale. Le 3 mars 1902, âgé de vingt ans, il rejoint le 2ème dépôt des équipages de la flotte à Brest.

Le service militaire

Après 25 jours d'incorporation, il embarque, le 28 mars 1902, sur le cuirassé " MASSENA" comme matelot de 3ème classe. En 1900, le "MASSENA" construit à Saint-Nazaire était bâtiment amiral dans l'escadre du nord.

Il quittera Brest en mars 1902 pour Toulon et l'escadre de Méditerranée. Laurent débarquera du "MASSENA" , avant les manoeuvres sur les côtes d'Afrique du nord le 4 juillet et embarquera sur "La Couronne" bâtiment école de canonnage.

Le 1er mars 1903, après 8 mois d'instruction, il sera nommé matelot de 2ème classe breveté canonnier. Il fera un bref passage au 5ème dépôt et embarquera sur le "Chanzy" à Rochefort pour 13 mois et 27 jours.

Le 7 mai 1904, il retrouve la Bretagne en embarquant à Lorient sur le "Saint-Louis".

Il sera placé en congé illimité le 3 janvier 1906 réunissant 46 mois de service à l'Etat. De retour à Plougasnou, il reprendra la pêche sur le sloop "Saint-Jean".

Certificat de bonne conduite cuirassé Saint-Louis
Certificat de bonne conduite croiseur cuirassé Chanzy

1914 - 1918

Mobilisation des gens de mer

A la déclaration de guerre, la Marine compte environ une réserve de 121500 hommes, inscrits maritimes mobilisables de vingt à cinquante ans. Ils sont classés ( selon leur âge) en sept catégories de mobilisation de A à G.

Le 31 juillet, la Marine qui tenait à avoir des navires prêts au combat, avait rappelé individuellement les marins nécessaires au premier armement des navires.

Le 2 août pour ne pas désorganiser la flotte marchande et ne pas engorger ses dépôts, elle restreint la portée de l'ordre de mobilisation générale. Les inscrits des classes B et C (marins en dessous de vingt-cinq ans) avaient seuls été appelés mais en même temps les affectés spéciaux employés dans les services du front de mer, le service des renseignements, les postes divers des défenses fixes, et les auxiliaires d'artillerie placés dans les forts et batteries sous commandement du département de la guerre pour la défense des côtes.

Le 13 août, l'ordre de rappel était lancé pour les gradés et brevetés, ou auxiliaires des spécialités de canonnier, fusiliers, timonier, infirmiers et guetteurs de la catégorie D (au dessous de trente ans).

Le 26 août, un télégramme ministériel levait le reste des inscrits de la catégorie D et les gradés et brevetés des mêmes spécialités que ci-dessus de la classe E (de trente à trente-cinq ans y compris les utilisables à terre). Le ministre avait soin de spécifier que les capitaines au long-cours, maîtres au cabotage, mécaniciens, etc, ne seraient pas touchés et que les marins embarqués au cabotage seraient laissés sur leur navires. Entre temps, le 11 août, à la demande du département de la guerre, les inscrits des catégories F et G (de trente-cinq à quarante-cinq ans) étaient mis à la disposition du ministre de l'agriculture pour effectuer les moissons. Cette mesure n'était pas très heureuse et elle fut rapportée quelques jours après.

Laurent, breveté canonnier, classé dans la catégorie E, a donc rejoint le 27 août 1914, le 2ème dépôt de Brest. En quatre jours, il sera de nouveau incorporé dans la marine et versé du 1er septembre 1914 au 24 avril 1915 à l'artillerie du Front de mer.

En 1914, les forts et batteries de côte de Brest sont encore armés essentiellement par des artilleurs à pied du 3ème R.A.P. (donc des artilleurs "de terre"), des marins commencent toutefois à occuper certains ouvrages à la mobilisation et davantage ensuite, après le départ sur le front de nombreuses batteries du 3ème R.A.P.

Les "Fronts de mer" ont été placés dans les principaux ports de guerre ou de commerce, sous la direction d'un capitaine de vaisseau. Ils furent chargés de la police de la navigation, de la reconnaissance des navires, de l'entretien des chenaux de sécurité et du dragage des abords des bassins et des rades.

A la mobilisation générale, la marine a complété l'armement de ses navires de combat mais il restait un excédent d'hommes dans les dépôts. Ils ont constitué la brigade de fusiliers marins qui s'est vaillament battue à Dixmude mais aussi le régiment de canonniers marins, les groupes de canonnières fluviales, les groupes d'auto-canon, et d'auto-projecteurs. Des matelots sans spécialité ont été versés dans l'armée de terre.

Laurent séjournera de nouveau au 2ème dépôt de Brest du 24 avril au 22 juin 1915 puis au 1er dépôt de Cherbourg du 22 juin au 7 septembre 1915. Il passera ensuite au 5ème dépôt de Toulon et sera embarqué jusqu'au 1er avril 1916 sur les bâtiments de servitude du port de Toulon. Il sera alors pris en compte par le Centre Administratif du Front de mer de Marseille.

Les pertes de navires de commerce dûes aux sous-marins allemands étant importantes, les armateurs français avaient demandé que la marine fournisse à tous leurs navires des canons et des cannonniers. Laurent , quartier-maître canonnier, embarquera sur le DUMBEA en octobre 1915 et ensuite sur le ROMA le 27 janvier 1918. .

Paquebot DUMBEA

Transport auxiliaire type Néra (1915 - 1917)

Chantier : Forges et Chantiers de la Méditerranée, La Seyne sur Mer

Mis à flot : 07.11.1888

En service : 23.02.1915 Retiré : 31.01.1917

Caractéristiques : 5 800 t ; 146,2 x 14 m ; plans de Risbec

Observations : 1888 : paquebot BRESIL des Messageries Maritimes construit pour la ligne d'Amérique du Sud 05.08.1889

Premier départ de Bordeaux pour La Plata 05.01.1890

Transformé pour être mis en service sur la ligne d'Australie en alternance avec l'Extrême Orient sous le nom de DUMBEA

Réquisitionné à Marseille 03.1915

Le 25 avril 1915 Débarquement franco-britannique dans les Dardannelles à Gallipoli. Participation des paquebots Dumbea (ex Brésil), Nera (ex La Plata), Magellan (ex Indus) Paul Lecat, Natal, Gange, Australien des Messageries Maritimes en tant que transports de troupes .

Tentative de torpillage par un sous-marin en 1916

Le 20 janvier 1916 Natal, Dumbéa, Chili des Messageries Maritimes, Arménie, Savoie, Lorraine participent aussi durant l'année à l'évacuation des troupes serbes.

Participe au transport des troupes de l'expédition des Dardanelles, puis en 1916 avec cinq autres paquebots des Messageries Maritimes (MELBOURNE, NATAL, NERA, CHILI, AUSTRALIEN) aux 25 voyages pour le transport de 50 000 soldats serbes de Corfou à Salonique.

Transport des troupes par bateau pour concentration à Lemnos. Départ de Marseille le 4 mars : la Lorraine, le Dumbéa, le Magellan, l'Australien, le Charles-Roux, le Moulouya, le Théodore Mante, l'Italie, le Pélion. Tous arrivent à Malte le 6 mars pour se joindre au St-Louis et l'Edgar-Quinet qui font route vers Lemnos le 6 mars et arriver le 11 mars.

Le 29 février 1919, il sera renvoyé dans ses foyers en congé illimité de démobilisation.

De gauche à droite: croix du combattant, médaille commémorative d'Orient, médaille interaliée de la victoire

 

Sources : Relevé de navigation (SHD Brest), Livret de solde marine nationale, cartes postales collection personnelle.

 

Notre MARINE MARCHANDE pendant la guerre

René LA BRUYERE

Editions PAYOT 1920

 

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