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Enseignement Maritime

Création par COLBERT de l'enseignement maritime.

(Extrait du livre de Henri CANGARDEL "DE COLBERT A NORMANDIE".)

COLBERT ne se contente pas d'innover dans le domaine administratif et juridique. Au XVIIe siècle, l'empirisme le plus étroit domine la formation des marins; Les capitaines ont auprès d'eux des pilotes côtiers connaissant à merveille les passes dangereuses ou des pilotes hauturiers habitués à la navigation à "l'estime". Mais il n'y a pas de préparation scientifique des officiers à leur métier. Le problème des "longitudes" reste une enigme. COLBERT Crée l'Observatoire de Paris et en confie la direction à CASSINI. Le service d'Hydrographie de la Marine et l'Académie des Sciences(provisoirement hébergée à la Bibliothèque Royale) sont organisés, et des Ecoles d'Hydrographie destinées à la formation des officiers de la Marine Marchande sont établies le long du littoral.

C'est à Dieppe qu'avait été fondée, avant COLBERT, en dehors de toute intervention royale, la première Ecole d'Hydrographie. Au XVIe siécle, la'armateur ANGO, épris de découvertes maritimes et de civilisation florentine, avait attiré à Dieppe un grand nombre de pilotes et fait de ce port un centre maritime très actif. Lorsque COLBERT voulut, en réorganisant la Marine, lui assurer des capitaines instruits, il trouva à Dieppe le modèle de l'institution qu'il désirait créer: l'abbé DENYS y tenait, en 1661, une école pour les pilotes hauturiers. COLBERT l'y découvrit, l'encouragea et fit installer des écoles semblables dans les grands ports.

L'ordonnance de 1681 précise l'organisation des "Ecoles d'Hydrographie"; c'est le nom qui leur est donné; et quelles ont conservé très longtemps. Elles étaient réservées aux marins qui y recevaient gratuitement l'enseignement des mathématiques et les notions d'astronomie nécessaires à la navigation. Créées tout d'abord dans les ports militaires, elles le furent plus tard dans les ports marchands du royaume. Malgrè les premières difficultés éprouvées pour le recrutement des professeurs, ceux-ci se trouvèrent bientôt en assez grand nombre. Des anciens pilotes, des officiers passés par les écoles d'artillerie de marine, ou même des mathématiciens de valeur comme DIGARD de KERGUETTE, s'illustrèrent dans le professorat de ces écoles.

Au XVIIIe siècle, les écoles bénéficient du mouvement scientifique général: des villes éloignées de la mer, comme Toulouse, veulent avoir leur Ecole d'Hydrographie. Elles possèdent, dans certains ports, des observatoires très estimés du monde savant. Un document daté de 1785 donne la liste des Ecoles d'Hydrographie. Il y en avait à cette date vingt-quatre:

Dunkerque, Calais, Saint-Valery-sur-Somme, Dieppe, Le Havre, Rouen, Brest, Morlaix, Daint-Malo, Lorient, Auray, Vannes, Nantes, Le Croisic, Rochefort, La Rochelle, Les Sables, Marennes, Bordeaux, Bayonne, Toulon, Marseille, La Ciotat, Les Martigues.

Liste dressée en 1785 par M. Didier NEUVILLE

Le budget est alimenté soit par la Marine, soit par la ville; à Dunkerque, c'est la caisse du Pilotage qui en paie les frais.

Ordonnance du Maréchal de Castries de 1786.

L'ordonnance du 1er janvier 1786, due au Maréchal de Castries, réorganise l'enseignement maritime, soumet les écoles à une Inspection générale, détermine l'objet des leçons, exige des examens sérieux pour les élèves et précise les conditions de recrutement des professeurs. La même ordonnance supprime les pilotes hauturiers et décrète que le capitaine a seul la responsabilité de la conduite du navire en haute mer.

Des ordonnances de 1791 et 1825 modifient sur des points de détail l'organisation des Ecoles d4hydrographie mais elles restent jusqu'en 1908, régies par les principes contenus dans l'Ordonnance de 1786 du maréchal de Castrise.

Cette organisation correspondait fort bien aux besoins de l'ancienne marine. L'ecole d'Hydrographie, ouverte aux inscrits est gratuite, donnait au marins de profession déjà muris par une certaine expérience de la mer, des notions scientifiques, théoriques ou appliquées à la navigation. Les examens qui sanctionnaient cet enseignement ne comprenaient que deux sortes de brevets: les maîtres au cabotage (divisé en grand et petit cabotage) et les capitaines au long cours. Pour attester la valeur en laquelle on tenait " la pratique" du métier de marin, une première épreuve éliminatoire était subie par les candidats devant une commission comprenant deux officiers supérieurs de la Marine. L'examen de théorie ne pouvait être passé que par ceux qui avaient été déclarés admissibles.

L'Ecole d'Hydrographie au XIXe siècle.

Au cours du XIXe siècle, la flotte de commerce est transformée par la machine à vapeur; l'Ecole d'Hydrographie reste la même. Il en est de cette institution comme de beaucoup d'autres dans notre Marine: excellentes dans leur principe, parfaitement adaptées au milieu pour lequel elles ont été créées, elles ne furent pas modifiées aussi vite que la flotte elle-même. Les Ecoles d'Hydrographie subissent également les effets de la décadence progressive de la Marine Marchande après 1860.

Réforme de 1893 et de 1901.

Des réformes dans l'enseignement maritimes sont réalisées par les décrets du 18 septembre 1893 et du 29 décembre 1901; elles ont pour objet essentiel d'attirer aux écoles de navigation des élèves n'appartenant pas aux milieux maritimes et d'élever le niveau des examens. Un diplôme d'officier de la Marine Marchande est créé pour les marins ayant 24 ans d'âge et 36 mois de navigation. La complication des réglements devient extrême; 14 catégories d'Exames sont instituées. Le département de la Marine veut "s'entourer de garanties" de plus en plus sérieuses pour la délivrance des brevets de commandement au commerce et exige des candidats à ces diplômes des connaissances de plus en plus étendues. Mais les Ecoles d'Hydrographies, envahies par une clientèle nouvelle, restent organisées sous le mode un peu archaïque prévu par l'ordonnance de 1825. Le professeur unique doit donner à un grand nombre d'élèves un enseignement différent suivant la ctégorie dans laquelle chacun d'eux se trouve placé. La gratuité des cours devient illusoire car un seul maître ne peut, malgré sa bonne volonté, apprendre à ses auditeurs toutes les matières du programme.

Les décrets de 1893 et de 1901 eurent des conséquences facheuses en ce qui concerne le nombre des capitaines reçus aux examens. Les statistiques de 1890 indiquent une véritable disette d'officiers pour nos navires de commerce; celle de 1907 accusent, au contraire, une pléthore incontestable. Il y eut, cette année-là, 220 capitaines admis. A cette époque, 300 officiers environ se trouvaient sans emploi. La réforme avait manqué son but.

Situation en 1957 des Ecoles de navigation maritime.

L'oeuvre de COLBERT a subsisté sans grand changement pendant plus de deux siècles; à partir de 1901, elle est bouleversée; la petite Ecole d'Hydrographie réservée aux marins sans grande instruction générale et destinée à les préparer au rôle d'officier, disparaît. L'administration supérieure désire, non seulement élever le niveau des examens, mais étendre le recrutement des écoles et appeler à suivre les cours des jeunes gens attirés par la Marine marchande mais qui ne la connnaissent pas. Seules les régles anciennes subsistent pour les capitaines de la Marine marchande qui sont recrutés parmi les inscrits maritimes ayant un certain temps de navigation. Des professeurs sont adjoints au directeur de l'Ecole qui ne s'appelle plus "d'Hydrographie" mais de "Navigation maritime".

Des sections spéciales pour les mécaniciens sont ouvertes dans les principales écoles. Cette création s'impose, en raison de la disparition complète des voiliers depuis le début du XXe siècle. A côté des Ecoles de Navigation destinées à former des officiers, un groupe d'écoles professionnelles se développe pour préparer à leur rôle, au sortir de l'école primaire, les jeunes gens se destinant à la Marine. Elles délivrent des certificats d'aptitude (C.A.P). La liaison des deux catégories d'Ecoles n'est pas complète quoique ce soit dans le réservoir d'élèves appartenant à des familles marritimes que devraient encore se recruter, par sélection progressive, les futurs officiers de notre Marine marchande. Le grand débat qui domine l'organisation actuelle de nos Ecoles d'Enseignement maritime de résume ainsi:

Faut-il rechercher plus de culture générale pour l'accès aux brevets d'officiers de pont et réserver ce recrutement aux élèves ayant au moins l'équivalent du baccalauréat ès-sciences? Ou faut-il donner, comme autrefois la primauté aux connaissances pratiques, à l'expérience de la mer et à un ensemble d'aptitudes qui font le véritable marin? C'est la première des conditions qui prévaut aujourd'hui et depuis vingt ans.

Un concours national est institué depuis 1952 pour les candidats capitaine au long-cours.

Ce concours national, créé par arrêté du 28 février 1952, a donné pour ses débuts les résultats suivants:

En 1952, sur 586 candidats, 208 ont été reçus

En 1953, sur 556 candidats, 180 ont été reçus

En 1954, sur 646 candidats, 198 ont été reçus (151 admis)

En 1955, sur 547 candidats, 237 ont été reçus (150 admis)

En 1956, sur 530 candidats, 180 ont été reçus (150 admis)

La sélection est dure et les milieus maritimes ne fournissent plus que 15% des candidats.

 

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